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COSE

R‑COSE et SCORE COSE : critères détaillés, seuils et méthode évolutive.

Un cadre interne pour rendre lisibles la qualité des études, le niveau de confiance, les limites et les conclusions utilisables sans surinterprétation.

Objectif de la méthode.

R‑COSE et SCORE COSE sont des outils internes de lecture, de hiérarchisation et de communication. Ils servent à expliciter pourquoi un corpus permet — ou ne permet pas — de soutenir une affirmation, une pratique, une recommandation ou une prise de position.

Principe central.

Un score n’est jamais une preuve en lui-même. Il accompagne une question précise, un corpus identifié, des limites formulées et une conclusion prudente.

Une méthode évolutive, mais exigeante.

La méthode est volontairement évolutive. Elle peut être ajustée lorsque la littérature disponible, les standards méthodologiques ou les questions étudiées l’exigent. Cette évolutivité ne doit pas servir à abaisser le niveau d’exigence ; elle vise au contraire à éviter les grilles rigides qui évalueraient mal certains types de travaux.

Ce qui peut évoluer

  • La pondération de certaines dimensions selon la question étudiée.
  • Le choix de l’outil de risque de biais le plus adapté.
  • La façon de traiter une littérature rare, hétérogène ou essentiellement observationnelle.
  • Les seuils de synthèse lorsque le comité méthodologique les documente explicitement.

Ce qui ne doit pas être contourné

  • L’identification des biais et limites majeures.
  • La distinction entre hypothèse, plausibilité et démonstration.
  • La transparence sur les conflits d’intérêts et financements.
  • La prudence de formulation lorsque les données sont faibles.

Critères détaillés R‑COSE : 170 points.

La grille ci-dessous donne une base de travail. Elle doit être appliquée avec justification écrite, en particulier lorsque la pondération est adaptée à un thème.

DimensionMaximumCe qui est évaluéRepères pratiques
A. Design et hiérarchie des données20Adéquation entre la question et le type d’étude.Revue systématique, essai contrôlé, cohorte, étude diagnostique, étude qualitative ou consensus : le design doit répondre à la question posée.
B. Question, corpus et stratégie de recherche15Clarté PICO ou équivalent, critères d’inclusion, méthode de recherche.La question doit préciser population, intervention/exposition, comparateur, critères de jugement, temporalité et contexte.
C. Risque de biais et qualité méthodologique30Évaluation structurée du risque de biais avec l’outil adapté.RoB 2, ROBINS‑I, AMSTAR 2, PRISMA, QUADAS‑2, JBI ou Newcastle‑Ottawa selon le type de travail.
D. Effectifs, puissance et précision15Taille d’échantillon, intervalles de confiance, attrition, stabilité des estimations.Une étude positive mais imprécise ou sous-dimensionnée ne doit pas être surinterprétée.
E. Pertinence clinique des critères de jugement20Critères utiles au patient, au praticien ou à la décision.Privilégier douleur, fonction, qualité de vie, reprise d’activité, sécurité, recours aux soins, plutôt que des marqueurs indirects isolés.
F. Description de l’intervention et du comparateur15Reproductibilité technique, dose, fréquence, compétence requise, comparateur crédible.Une intervention insuffisamment décrite limite fortement l’applicabilité.
G. Applicabilité au cadre d’exercice15Compatibilité avec l’usage du titre, le champ d’intervention, la sécurité et les contraintes françaises.Une donnée peut être intéressante sans être transposable telle quelle dans le cadre COSE.
H. Cohérence, hétérogénéité et reproductibilité15Cohérence entre études, sens des effets, hétérogénéité, analyses de sensibilité.Un résultat isolé, instable ou fortement dépendant d’un sous-groupe appelle une conclusion prudente.
I. Transparence, financement et conflits d’intérêts15Protocole, préenregistrement, déclaration des conflits, accès aux données, financement.L’absence de transparence ne prouve pas une erreur, mais réduit le niveau de confiance.
J. Sécurité et effets indésirables10Identification et reporting des effets indésirables, risques, contre-indications et retards d’orientation.L’efficacité revendiquée doit toujours être mise en balance avec la sécurité et le risque de mésinformation.

Conversion et seuils de lecture.

Le R‑COSE peut être exprimé sur 170 points puis converti sur 100 pour faciliter la lecture. Pour certaines synthèses internes, un seuil minimal d’inclusion peut être fixé à 100/170. Ce seuil ne doit pas être appliqué mécaniquement : il doit être relié à la question étudiée et au niveau de preuve raisonnablement disponible.

≥ 100 / 170

Seuil interne possible pour inclure une étude dans une synthèse structurée.

/100

Format de communication simplifié, toujours accompagné des limites.

Versionnée

Chaque évolution de la méthode doit être documentée : date, motif, impact attendu.

SCORE COSE : synthèse thématique.

Le SCORE COSE agrège un corpus autour d’une question. Il ne s’agit pas d’une moyenne naïve. La conclusion doit tenir compte du poids relatif des études, de leur qualité, de leur cohérence, de leur applicabilité et de la sécurité.

Zone de scoreLecture COSEFormulation recommandée
> 60 / 100Niveau de confiance suffisant pour soutenir une conclusion prudente dans le cadre étudié.« Les données disponibles soutiennent… dans les limites suivantes… »
10 à 60 / 100Données insuffisantes, hétérogènes, indirectes ou trop fragiles.« À documenter ; les données ne permettent pas une affirmation robuste. »
< 10 / 100Données trop faibles pour soutenir l’usage ou la revendication.« Non suffisamment étayé à ce jour. »
Score négatifHypothèse contredite, revendication incompatible avec les données ou mécanisme infondé.« À ne pas présenter comme valide ; formulation à abandonner. »

Workflow de production.

Formuler la question.

Définir précisément population, intervention, comparateur, critères de jugement, temporalité et contexte.

Identifier le corpus.

Rechercher les sources pertinentes, privilégier les synthèses de haut niveau lorsque disponibles, documenter les critères d’inclusion et d’exclusion.

Évaluer les études.

Appliquer la grille R‑COSE, utiliser les outils de risque de biais adaptés, noter les limites et l’applicabilité.

Produire la conclusion.

Formuler ce qui peut être affirmé, avec quel niveau de confiance, pour quel public et dans quelles limites.

Versionner et relire.

Soumettre la synthèse à relecture interne, conserver la version, la date, les sources et les arbitrages méthodologiques.

Limites assumées.

R‑COSE ne remplace pas une revue systématique, une recommandation de bonne pratique ou une expertise méthodologique externe. Il s’agit d’un outil interne de cohérence : il aide à ne pas confondre opinion, hypothèse, plausibilité, résultat préliminaire et conclusion solide.